vendredi 7 mai 2010

Correspondance

La folie se perd.

Dwedus n'était plus traqué traquant ; il était cerné. Cerné, berné par l'irrémédiable avancée du bonheur. Avancée qui s'avérait funeste. Les évènements se concluaient dans la propre responsabilité de Dwedus. Il n'avait eu de cesse de vouloir rencontrer Jaë. D'aimer en chair et de se contempler dans la réalité de cette femme. Mais maintenant il fallait qu'il retrouve le besoin frénétique, le besoin de ceux qui étranglent les fadeurs de la vie les mieux cachées. Sa vie n'était plus suspendue à une ignorance que l'on habille de ses pressentiments et accroche un espoir. Son souffle n'était plus tendu à se diviser en rafales d'asphyxie, tendu comme avant de se jeter de la falaise dans l’inconnue matière du vol.
Dwedus avait tenu sa vie dans cette seconde avec Jaë. L'aboutissement de leur corrrespondance réalisait un évanouissement des abîmes, terreau de ses mots. Le jour devenait le jour. La nuit devenait la nuit.
La folie disparut il ne restait que la raison. Membrane de vie inutile, barrant les envols vers les cimes éboulés des mots.
La raison du Geste disparait il ne va rester que la folie. Une folie muette et inutile.

Définitivement inutile.