lundi 26 avril 2010

Dwedus

Rien ne subsiste de la grande bataille sur les eaux détruites.
Les vagues à la force cannibale l'avaient portée très loin de lui-même, dans un inconscient inconnu. Echoué sur un sable moelleux et chaud, il se réveillait nu et sans aucune mutilation. Les murs de son imagination étaient à nouveau vierges. Lisses et purs. Pourtant Jaë était toujours là. Ce qu'il ne se rappelait pas avoir connu lui manquait. Une sensation sourde et lancinante commençait à gronder dans sa béatitude.
Les mots avaient été des sailles attirées par la pénombre intérieure. Ils n'avaient cessé de se cogner contre la fenêtre de ses désirs. Les sens s'étaient projetés les uns contre les autres, leurs gestes nets et brutaux. Sensations imbriquées à des images sous ses paupières haletantes qui avaient réclamé toujours plus.Ils avaient fini par briser la vitre. Ce violent éclat avait tout fait apparaître dans l'ultime dispararition. L'appel d'air avait aspiré sa vie passé dans un oubli cotonneux.
Il cherchait mais rien ne revenait.
L'amnésie succédait à l'insomnie.